Qui sont ces êtres mystérieux qui engagent les accompagnantes à la naissance?

Qui sont ces êtres mystérieux qui engagent les accompagnantes à la naissance?

Si vous ne connaissez pas ou ne comprenez pas tout à fait ce que fait une accompagnante à la naissance lors de l’accouchement, vous faites probablement partie de ceux qui pensent que ces services ne servent qu’une tranche déterminée (et mince) et la population. Les autres n’en ont certainement pas besoin.

On m’a souvent fait comprendre que l’imaginaire collectif (une partie du moins) veut que ceux et celles qui choisissent d’avoir recours aux services d’une accompagnante sont nécessairement des gens anxieux, entretenant des craintes certaines au sujet de l’accouchement et ne possédant que très peu de connaissances dans le domaine. Que les autres, ceux qui connaissent le processus d’accouchement, les protocoles hospitaliers, certaines techniques de gestion de la douleur, ceux qui n’ont pas peur, chez qui l’accouchement n’amène pas de craintes particulières… bref, qu’eux (et elles), n’ont pas besoin de cet accompagnement professionel.

Et puis, il y a celles qui savent déjà qu’elles prendront la péridurale, celles qui vivront un déclenchement médical, et surtout celles qui se préparent à une césarienne planifiée… Celles qui ont confiance en leur médecin/sage-femme, celles qui sont elles-mêmes issues du domaine de la santé. Et c’est sans oublier celles qui sont accompagnées d’un conjoint confiant, présent et impliqué, celles qui ont déjà accouché, celles qui seront aussi accompagnée d’une amie/soeur/mère…

À quoi leur servirait une accompagnante à la naissance? Certainement pas à grand chose! Après tout, on accouche depuis des lunes et on est loin d’être seule au moment de l’accouchement. Et puis, quel impact positif peut-on vraiment avoir sur un processus sur lequel on est censée n’avoir aucun contrôle? Qu’est-ce qu’une personne de plus y changerait?

Mon but, aujourd’hui, n’est pas d’énumérer les nombreux avantages -prouvés- au niveau physique, psychologique, pour la mère ET le père… Mais plutôt de vous jaser de ces mystérieuses personnes qui décident de faire appel aux services d’une accompagnante à la naissance pour la naissance de leur enfant…

 

Qui sont ces êtres mystérieux, alors?

Dans ma pratique personnelle, ainsi que dans celles de mes collègues m’entourant, j’ai rencontré, connu et vu…

… Des couples attendant leur premier bébé,
… Des couples attendant un deuxième bébé,
… et même des couples attendant un troisième, un quatrième, un cinquième bébé!
… Il y a aussi des couples qui attendent plus d’un bébé à la fois: 2, 3…

… Il y a des femmes seules, par choix ou non,
… Il y a des pères qui en font la demande à leur conjointe, et des mères qui en font la demande à leur conjoint,
… Puis des couples homosexuels… deux mamans, deux papas.
… Et les familles reconstituées, ne les oublions pas!

… Il y a des gens fortunés,
… d’autres qui tirent le diable par la queue,
… et tous ceux entre les deux.

… J’ai accompagné des ingénieur(e)s, des analystes, des banquiers, des avocat(e)s…
… Des coiffeuses, des serveuses, des enseignant(e)s, des graphistes, des programmeurs…
… Tout comme  des infirmières (et infirmiers), des inhalothérapeutes, des urgentologues, des paramédics, des médecins…
… Et même des obstétriciens, des gynécologues, des sages-femmes!
… Savez-vous quoi? Même les doulas engagent des doulas!

… Des mères adolescentes,
… des mères qui flirtent avec la quarantaine,
… celles dans la vingtaine, dans la trentaine.

…. Il y a des couples bien préparés,
…. D’autres qui partent de loin et se sentent égarés.
… Des anxieux, des confiants, des déterminés, des indécis.

… Il y en a qui accouchent à l’hôpital,
… D’autres en maison de naissance,
… Puis, certaines à domicile…

… Des gens de ville, des gens de campagnes…
… Des granos, des scientifiques, des spirituels, des terre-à-terre…
… Des Québécois, des immigrants.

… Certaines qui gardent des souvenirs négatifs de leur dernier accouchement,
… D’autres qui y repensent avec le sourire.

 

Chaque personne est unique

Chaque personne va chercher ce dont elle a besoin auprès d’une accompagnante. Qu’elle soit expérimentée ou non, anxieuse ou non, bien accompagnée déjà ou non. Chaque père, chaque mère va chercher ce dont il ou elle a besoin auprès de son accompagnante. Que ce soit pour aider au bon déroulement de l’accouchement, diminuer le nombre d’interventions, fournir des explications, aider à soulager la douleur, optimiser la mobilité sous péridurale, être présent pour le démarrage de l’allaitement, soutenir en période prénatale ou postnatale.

Les connaissances, le métier, le rang social, la situation ou composition familiale, l’âge, les expériences passées,  l’anxiété ou au contraire la confiance, n’ont rien à y voir.

Pas besoin d’être stressée, d’être craintive, d’être seule, pour bénéficier d’une doula.
Pas besoin d’être un père dépassé par les événements, en manque d’information pour profiter de cette présence.

Tout le monde peut bénéficier du support d’une accompagnante, à différents niveaux, de différentes façons. Et ma pratique, ainsi que celle de mes collègues, me le prouvent à chaque jour.